
Alors, on se fait un petit café et on parle de Tristram Shandy? Ce bouquin, c’est pas vraiment un roman, hein? Plutôt… comment dire… un bordel organisé? (Mais un bordel vraiment bien, promis!)
Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme. Voilà le titre complet, pour ceux qui aiment les titres à rallonge. Écrit par Laurence Sterne, un pasteur anglais du 18ème siècle qui devait sacrément s’ennuyer, soyons honnêtes. Enfin, s’ennuyer… ou avoir un humour particulièrement décalé? Je penche pour la deuxième option.
L’idée de base, c’est censé être l’autobiographie de Tristram. Mais attention! On est loin, très loin, de la chronologie classique “Je suis né, j’ai fait ça, puis ça…”. Non, non. Tristram prend son temps. Beaucoup de temps. Genre, tellement de temps qu’il passe les premiers volumes à parler de… sa conception! Oui, oui, vous avez bien lu. Sa conception. Et des conséquences désastreuses de cette fameuse conception.
La conception désastreuse? Raconte!
Ah, là, on entre dans le vif du sujet. Apparemment, l’acte en lui-même s’est déroulé (ou n’a pas vraiment eu le temps de se dérouler, selon les sources) de manière plutôt… chaotique. L’horloge, l’horloger, la discussion à propos de… qu’importe! Le résultat, c’est que Tristram, dès le départ, est un peu… “compromis”. Et cette compromission va le suivre toute sa vie, influençant tout, absolument tout!
Le bouquin, c’est donc une digression permanente. Un truc qui part dans tous les sens. Une conversation sans fin où Tristram, avec une joie communicative (et parfois un peu irritante, il faut le reconnaître), nous emmène dans ses pensées, ses souvenirs, ses anecdotes… et tout ça, sans jamais vraiment progresser dans son récit autobiographique! Vous suivez toujours? Ou vous avez déjà envie de relire le dernier Marc Levy?
Et les personnages! Ah, les personnages! Ils sont inoubliables. On a Walter Shandy, le père de Tristram, un philosophe amateur obsédé par les théories fumeuses et les systèmes complexes. Un peu gaffeur, beaucoup exaspérant, mais au fond, attachant. Ensuite, l’oncle Toby. Ah, l’oncle Toby! Un ancien militaire blessé à l’aine, qui consacre sa vie à reconstituer les batailles sur son terrain, avec des maquettes et des figurines. Un personnage absolument adorable et naïf. Et puis, il y a Trim, le serviteur fidèle de l’oncle Toby, une sorte de Sancho Panza à la sauce anglaise.

Ces personnages, ils sont hauts en couleur. Ils discutent, ils s’engueulent (surtout Walter), ils se racontent des histoires… Et à travers leurs interactions, Sterne nous offre une réflexion sur la condition humaine, sur les absurdités de la vie, sur la vanité des ambitions… Le tout, avec un humour décapant et une ironie mordante.
Pourquoi lire Tristram Shandy?
Bonne question. Parce que c’est un livre unique en son genre. Parce que c’est un livre drôle (si on accroche à l’humour de Sterne, bien sûr). Parce que c’est un livre intelligent. Parce que c’est un livre qui nous force à nous interroger sur notre propre perception du temps, de la narration, de la réalité.
Et aussi… parce que c’est un livre complètement fou. Sérieusement, il y a des pages noires (pour marquer la mort d’un personnage), une page marbrée (dont on ne sait toujours pas trop ce qu’elle représente), des dessins… Bref, c’est un objet littéraire à part entière. Un OVNI dans le paysage romanesque.

Alors, oui, c’est un livre qui demande un peu de patience. Il faut s’accrocher au début, accepter les digressions, se laisser porter par le flot des pensées de Tristram. Mais une fois qu’on est dedans… c’est une expérience inoubliable. Un voyage littéraire fascinant.
Est-ce que tout le monde aimera? Bien sûr que non! C’est un livre qui divise. Certains le trouveront génial, d’autres insupportable. Mais au moins, il ne laisse pas indifférent. Et c’est déjà pas mal, non?
Imaginez, vous vous lancez dans la lecture et, soudain, une page noire! Comme ça, sans prévenir. Votre réaction? Rire? Incompréhension? Irritation? C’est ça, Tristram Shandy. Un livre qui provoque, qui dérange, qui amuse… Et qui, au final, nous fait réfléchir sur le sens de la vie (ou l’absence de sens, c’est selon).

Et si je n’ai pas le courage de lire tout le livre?
Pas de panique! Il existe des versions abrégées, des adaptations… Vous pouvez même regarder le film de Michael Winterbottom, avec Steve Coogan. C’est pas tout à fait pareil, mais ça donne une idée de l’esprit du bouquin.
Le plus important, c’est de ne pas avoir peur de se lancer. De ne pas se laisser intimider par la réputation du livre. De considérer ça comme un jeu, une expérience. Et si ça ne vous plaît pas, tant pis! Vous aurez essayé. Mais qui sait? Peut-être que vous tomberez amoureux de Tristram Shandy et de sa drôle de vie.
Alors, on en reparle autour d’un autre café? Parce qu’il y a tellement de choses à dire sur ce livre… On pourrait parler des métaphores, des symboles, de l’influence de Sterne sur la littérature moderne… Mais bon, on va peut-être s’arrêter là pour aujourd’hui. Faut pas abuser des bonnes choses, hein?

Mais au fait, saviez-vous que Sterne a écrit ce livre pour gagner de l’argent et échapper à ses créanciers? La grande littérature, parfois, ça naît de motivations… disons… pragmatiques. Comme quoi!
Allez, à la prochaine et bonne lecture (ou tentative de lecture)! Et n’oubliez pas: la vie est trop courte pour lire des livres ennuyeux. Et Tristram Shandy, au moins, on ne peut pas lui reprocher d’être ennuyeux!
Un dernier petit détail: le nom “Tristram”. Il paraît que c’est un nom qui porte malheur. C’est en tout cas ce que croit Walter Shandy. Et quand on voit tout ce qui arrive à Tristram… on se dit que peut-être, Walter avait raison. Mais bon, c’est peut-être juste une coïncidence. Ou peut-être pas…
Alors, convaincu(e) ? On se lance dans l’aventure Tristram Shandy ? Je te préviens, c’est un voyage… particulier !










![The Life and Opinions of Tristram Shandy [PDF]](https://www.infobooks.org/wp-content/uploads/2024/01/the-life-and-opinions-of-tristram-shandy-by-laurence-sterne.webp)



