
Ah, Roald Dahl, l’enchanteur diabolique de notre enfance ! Celui qui nous a fait aimer les verrues (enfin, presque), les géants sympathiques et les chocolateries mystérieuses. Mais aujourd’hui, mes amis, on ne va pas parler de Willy Wonka. Non, non. On va se plonger dans un plat beaucoup plus… sanglant. On va parler de “Coup de Gigot” (Lamb to the Slaughter), une de ses nouvelles pour adultes les plus juteuses, au sens propre comme au figuré. Accrochez-vous, ça va saigner… de rire, bien sûr !
Mary Maloney : La parfaite épouse… ou presque
Imaginez : Mary Maloney, une femme au foyer irréprochable, enceinte et follement amoureuse de son mari, Patrick. Sa vie est un tableau de bonheur domestique, un peu comme une publicité pour de la lessive, mais en plus ringard. Elle attend son mari chaque soir, lui prépare ses pantoufles (les pauvres !) et lui sert son whisky. Bref, une épouse parfaite. Tellement parfaite qu’on se demande si elle n’est pas un robot ménager déguisé en femme des années 50.
Mais attention, mes amis, sous le vernis craquelé de la perfection se cache un volcan en éruption. Car un soir, Patrick, au lieu de lui faire des compliments sur sa nouvelle coiffure (erreur fatale, Patrick !), lui annonce une nouvelle qui va faire exploser son petit monde bien ordonné. Une nouvelle si terrible qu’on ne vous la révélera pas tout de suite. On vous fait mariner un peu, comme un gigot dans sa marinade. C’est plus drôle, non ?
Le Gigot : L’arme du crime… et du dîner !
Alors, que se passe-t-il ? Patrick lâche la bombe (et on imagine qu’elle est du calibre d’une bombe atomique). Mary, anéantie, incapable de comprendre, entre dans une sorte de transe. Et là, son regard se pose sur… un gigot d’agneau congelé. Oui, mes amis, un simple morceau de viande, sorti du congélateur pour préparer un bon petit plat dominical, va devenir l’arme du crime la plus improbable de l’histoire de la littérature.
Mary, dans un accès de rage (ou de folie douce, on ne sait pas trop), saisit le gigot et… BAM ! Un coup bien placé sur la tête de Patrick. Et voilà, le tableau idyllique est définitivement maculé de rouge. Patrick est raide mort, et Mary se retrouve veuve avant même d’avoir eu le temps de choisir le nom du bébé. C’est ballot, hein ?
Mais attendez, ce n’est que le début. Car Mary, loin de paniquer, va faire preuve d’un sang-froid et d’une intelligence diaboliques. Elle va mettre en place un plan machiavélique pour se débarrasser du corps du délit, et le tout avec un sourire angélique. Roald Dahl était un maître du suspense et de l’humour noir, et “Coup de Gigot” en est la preuve éclatante.
Le Plan Machiavélique de Mary : Cuisine et Crimes
Alors, comment Mary va-t-elle s’en sortir ? Pas en appelant la police, ça c’est sûr. Non, elle a une idée beaucoup plus… savoureuse. Elle va transformer son crime en un dîner convivial entre amis. Génie !

Voici les étapes de son plan :
- Premièrement : Mary prend une douche (pour enlever le sang, évidemment) et se maquille (pour cacher le choc, on imagine). Elle doit avoir l’air d’une veuve éplorée, mais pas trop. Juste ce qu’il faut pour susciter la compassion.
- Deuxièmement : Elle se rend à l’épicerie du coin et achète quelques légumes pour accompagner son gigot. Elle papote avec l’épicier, lui raconte que Patrick est rentré tard du travail et qu’elle prépare un dîner pour lui. Bref, elle se crée un alibi en béton armé.
- Troisièmement : Elle rentre chez elle et appelle la police. Elle feint la surprise et la douleur en découvrant le corps de son mari. Elle pleure, elle sanglote, elle fait tout le cinéma possible. Les policiers, attendris, la prennent en pitié.
- Quatrièmement : Les policiers, après avoir examiné la scène de crime (sans rien trouver de suspect, bien sûr), proposent à Mary de lui tenir compagnie. Elle accepte avec reconnaissance et leur propose même… à dîner ! Et devinez ce qu’elle leur sert ? Oui, le gigot d’agneau qui a servi d’arme du crime !
C’est là que le génie de Roald Dahl éclate au grand jour. Car Mary, en servant le gigot aux policiers, se débarrasse de la preuve de son crime de la manière la plus audacieuse et la plus délicieuse qui soit. Elle les incite à manger l’arme du crime, à la dévorer, à la réduire en miettes. C’est à la fois macabre et hilarant. On en frissonne de plaisir !
La Psychologie de Mary : De la Soumission à la Rébellion
Mais pourquoi Mary a-t-elle agi de la sorte ? Pourquoi cette femme soumise et effacée a-t-elle basculé dans la violence ? Roald Dahl ne nous donne pas toutes les réponses, mais il nous laisse quelques pistes intéressantes.
On peut imaginer que Mary, étouffée par sa vie de femme au foyer, a vu dans la trahison de Patrick la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Elle a été réduite au rôle d’objet, de poupée, et elle a décidé de se rebeller. Le gigot d’agneau est devenu le symbole de sa rébellion, de son désir de reprendre le contrôle de sa vie.

De plus, on peut supposer que Mary, enceinte, est dans un état émotionnel particulier. Ses hormones sont en ébullition, ses nerfs sont à vif. Elle est plus vulnérable, mais aussi plus forte. Elle est capable de tout, même du pire, pour protéger son enfant.
Roald Dahl était un fin observateur de la nature humaine, et il a su dépeindre avec justesse la complexité de Mary Maloney. Elle est à la fois victime et bourreau, innocente et coupable. Elle est le reflet de nos propres contradictions, de nos propres zones d’ombre.
L’Humour Noir de Roald Dahl : Un Délice Macabre
Ce qui rend “Coup de Gigot” si savoureux, c’est l’humour noir de Roald Dahl. Il manie l’ironie et le sarcasme avec une maestria inégalée. Il nous fait rire de situations macabres, il nous amuse avec la mort. C’est un peu comme regarder un film d’horreur en mangeant du pop-corn : on a peur, mais on prend aussi du plaisir.
Quelques exemples de l’humour noir de Roald Dahl dans “Coup de Gigot” :

- La description de Mary comme une épouse parfaite, tellement parfaite qu’elle en devient caricaturale.
- Le choix du gigot d’agneau comme arme du crime. Un simple morceau de viande qui devient un instrument de mort. C’est à la fois absurde et génial.
- La scène où Mary sert le gigot aux policiers. Ils mangent l’arme du crime sans le savoir. C’est un summum d’ironie.
- Les dialogues des policiers, qui commentent le goût du gigot tout en enquêtant sur le meurtre. C’est à la fois grotesque et hilarant.
Roald Dahl avait un talent fou pour transformer le tragique en comique, le macabre en amusant. Il nous invite à regarder la mort en face, mais avec un sourire en coin. Il nous montre que même dans les situations les plus sombres, il y a toujours une petite étincelle d’humour qui peut nous sauver.
Les Thèmes Abordés : Plus Qu’une Simple Histoire de Crime
“Coup de Gigot” est bien plus qu’une simple histoire de crime. Roald Dahl aborde des thèmes universels tels que :
- La condition féminine : Mary est une femme soumise à son mari, enfermée dans un rôle de femme au foyer. Elle se rebelle contre cette condition en commettant un meurtre.
- La trahison : Patrick trahit la confiance de Mary en lui annonçant une nouvelle terrible. Cette trahison est le déclencheur du drame.
- La vengeance : Mary se venge de Patrick en le tuant. La vengeance est un thème récurrent dans l’œuvre de Roald Dahl.
- La justice : Mary échappe à la justice en manipulant les policiers. Roald Dahl remet en question la notion de justice et montre que les apparences peuvent être trompeuses.
Roald Dahl nous invite à réfléchir sur ces thèmes, à les questionner, à les analyser. Il ne nous donne pas de réponses toutes faites, mais il nous pousse à nous interroger sur le monde qui nous entoure.
Adaptations et Influences : Un Classique Indémodable
“Coup de Gigot” a été adapté à plusieurs reprises, notamment en tant qu’épisode de la série télévisée “Alfred Hitchcock présente”. L’adaptation est fidèle à la nouvelle de Roald Dahl, et elle met en valeur l’humour noir et le suspense de l’histoire.

La nouvelle a également influencé de nombreux auteurs et cinéastes. On retrouve l’esprit de “Coup de Gigot” dans des films tels que “Fargo” des frères Coen ou “Serial Mother” de John Waters. Ces œuvres mettent en scène des personnages ordinaires qui basculent dans la violence et qui font preuve d’un humour noir décapant.
“Coup de Gigot” est un classique indémodable de la littérature policière. Sa concision, son suspense, son humour noir et ses thèmes universels en font une œuvre à part, qui continue de fasciner les lecteurs du monde entier.
Pourquoi Lire “Coup de Gigot” ? Les Bonnes Raisons de se Faire Plaisir
Alors, pourquoi devriez-vous lire “Coup de Gigot” ? Voici quelques bonnes raisons :
- Pour découvrir l’univers de Roald Dahl : Si vous ne connaissez pas encore Roald Dahl, “Coup de Gigot” est une excellente porte d’entrée dans son œuvre. Vous découvrirez son talent de conteur, son humour noir et sa capacité à créer des personnages inoubliables.
- Pour vous divertir : “Coup de Gigot” est une histoire captivante qui vous tiendra en haleine du début à la fin. Vous serez surpris par les rebondissements de l’intrigue et amusé par les dialogues savoureux.
- Pour réfléchir : “Coup de Gigot” aborde des thèmes importants tels que la condition féminine, la trahison, la vengeance et la justice. Vous serez amené à vous interroger sur ces thèmes et à vous forger votre propre opinion.
- Pour frissonner de plaisir : “Coup de Gigot” est une histoire macabre qui vous donnera des frissons. Vous serez à la fois effrayé et amusé par les événements qui se déroulent.
Bref, “Coup de Gigot” est une lecture indispensable pour tous les amateurs de littérature policière, d’humour noir et de bonnes histoires. Alors, n’hésitez plus, plongez-vous dans cette œuvre et laissez-vous emporter par la magie de Roald Dahl !
Conclusion : Un Plat qui se Mange Sans Faim (de Repentir)
Alors, mes amis, que retenir de “Coup de Gigot” ? Que la vengeance est un plat qui se mange… congelé ? Que les apparences sont souvent trompeuses ? Que les femmes au foyer sont capables de tout ? Peut-être un peu de tout ça. Ce qui est sûr, c’est que Roald Dahl nous offre une leçon de cuisine criminelle des plus savoureuses. Et si jamais vous vous retrouvez un jour avec un gigot d’agneau congelé entre les mains, souvenez-vous de Mary Maloney. Mais surtout, n’oubliez pas l’assaisonnement… une pincée d’humour noir, c’est toujours du plus bel effet ! Et surtout, n’oubliez jamais : à table, on ne parle pas de politique… ni de meurtre, évidemment ! Bon appétit, et surtout, restez sages (ou pas, c’est vous qui voyez ! 😉)












